Le Test de Bu

Tales of Symphonia est un de ces jeux qui a su se démarquer entre tous. Sorti en 2003 sur Gamecube, il a dû conquérir des joueurs qui jusqu’ici n’avaient pas forcément touché à la série. Quelles qu’en furent les ventes, le résultat est sans appel : ce jeu a été une réussite, et a engendré de nombreux fans. Certes, les graphismes de la console ne sont pas les meilleurs de l’époque, ceux du jeu peuvent déplaire, mais il compense par une grande diversité de décors, d’environnements qui poussent à l’exploration, à la découverte. Il possède également une très bonne durée de vie, un scénario bien monté qui a surpris beaucoup de joueurs lors de leur première partie, de nombreuses quêtes annexes, bonus, et des tas de raisons de rejouer ! Compendium, livre des monstres à compléter, figurines à obtenir, personnages alternatifs, ou tout bonnement personnages à découvrir plus en détails grâce au génial système d’affection qui modifie certaines parties du jeu. Bref, Tales of Symphonia est un très bon jeu. C’est donc naturellement que, lorsque l’annonce d’une suite est parvenue à nos oreilles, en bons fans que nous sommes, nous avons impatiemment trépigné en attendant sa sortie.

Ecran titre

Bond dans le temps. Le moment tant attendu est arrivé, Tales of Symphonia : Dawn of the New World est sorti sur Wii, les fans hurlent de bonheur, et même si le titre a mis de longs mois à parvenir dans nos contrées, on se rassure en se disant qu’on bénéficie de quelques bonus ! Le jeu se passe deux ans après la fin du premier. Les deux mondes ont été réunifié, Lloyd et sa petite troupe se sont éparpillés pour continuer leur quête. La première chose que l’on peut constater, c’est que les graphismes sont meilleurs. Tout est beaucoup plus fluide, plus vivant, les personnages ont été retravaillés pour être plus expressifs. Les musiques sont très bonnes, puisque pour la plupart... elles viennent du premier opus. Les saynètes sont maintenant doublées, beaucoup plus rapides, ce qui est un point très positif : qui n’a pas hurlé devant la lenteur de celles du 1 ?

L’histoire suit donc Emil, adolescent orphelin vivant à Luin, chez sa tante et son oncle. Oubliez Lloyd et son assurance sans borne ! Emil est très timide, réservé, et particulièrement peu sûr de lui. De fil en aiguille, il atterrit dans une grotte, apparue suite au dessèchement du lac qui faisait la splendeur de la ville. On y apprend très rapidement les bases du jeu : le système de combat, et la capture de monstre. Car oui, fan naïf qui pensait avoir en face de toi une suite fidèle au premier jeu, il faut te dire que celui-ci n’a pas été créé par la même équipe. Les différences sont nombreuses. En l’occurrence, le système de combat se rapproche plus de celui de Tales of Vesperia : le personnage contrôlé peut se déplacer librement sur le terrain en appuyant sur un bouton, la seule contrepartie étant que le moindre coup pris en courant sera un critique. Ce qui peut être très douloureux, mais nous y reviendrons. Différence majeure par rapport au premier jeu : il faut oublier tous les personnages précédemment adorés. S’ils font effectivement leur retour, ils ne restent généralement pas pour très longtemps, parfois un donjon, ou un chapitre, avant de repartir s’occuper du reste du monde. De plus, il n’y a pas de possibilité de les faire monter de niveau, ni de modifier quoi que ce soit sur leur équipement. Ils seront donc maximum niveau 50, avec des stats plus que passables...

Fort heureusement, les monstres font leur apparition. Faibles de prime abord, ils font néanmoins une différence sensible lorsqu’ils progressent. La capture de monstre, c’est simple : très rapidement, on fait de vous un Chevalier de Ratatosk, un esprit originel contrôlant les monstres et les flux de mana via ses serviteurs, les Centurions, qui, actuellement réduits à l’état de noyau, ne font pas leur job et causent des problèmes climatiques. Votre nouveau titre vous donne la possibilité de forcer les monstres à joindre votre cause, via un pacte en fin de combat. Ils combattront donc à vos côtés, gagneront de l’xp, pourront équiper des accessoires et des capacités pour améliorer leurs stats, et même évoluer en fonction de leur niveau et pour certains, de leur équipement ! La plupart des monstres ont plusieurs évolutions différentes, qui obtiennent chacune des sorts et capacités spécifiques. Vous aurez aussi la possibilité de dévoluer vos monstres à partir d’un certain niveau : un Fenrir pourra ainsi redevenir un Loup noir... en conservant 20% de ses statistiques acquises et ses sorts et capacités. Vous pouvez ainsi tester toutes les évolutions de vos monstres pour avoir des sorts variés et convenant plus à votre style de combat. Certains monstres sont meilleurs que les autres, et peuvent atteindre des niveaux très élevés si vous avez le courage d’accumuler l’xp nécessaire. Ils remplacent donc aisément les personnages du premier jeu, avec toutefois une petite contrepartie : si les personnages humains meurent au combat, c’est un game over automatique, même si les monstres sont en vie. Et deuxième point négatif : il faut bien les capturer, ces monstres ! Le système de pacte est particulièrement décevant : vous disposez, en combat, d’une grille élémentale, dépendante de l’élément du terrain et des sorts lancés. Pour capturer un monstre, il faut « simplement » obtenir une grille élémentale remplie avec un même élément, puis tuer le monstre voulu. Autant être honnête : aléatoirement, avoir cette grille complète est très rare. Il faut alors spammer un sort afin de la modifier, sans que d’autres la changent, puis tuer le monstre convoité. Puis il faut effectuer le pacte. Qui dépend lui-même du niveau du monstre, de votre niveau, et du niveau et de l’élément d’un de vos monstres actuels, qui pourra plaider votre cause. C’est assez aléatoire, et sur des monstres haut niveau, c’est tout bonnement impossible. L’évolution reste votre meilleure amie.

Les mécanismes de base étant expliqués, passons au reste du jeu. Après une heure, vous vous rendrez compte que le jeu se trouve extrêmement raccourci. Pourquoi ? Tout bonnement parce que vous n’avez plus accès à la carte du monde. Elle est remplacée par un globe, sur lequel vous vous déplacez automatiquement. Et sur lequel les villes sont accessibles uniquement lorsque le jeu veut les rendre accessibles. Jusqu’à les faire littéralement disparaître de la carte aux moments où vous ne devez pas y aller. Certes, la map monde n’était pas le meilleur endroit du premier jeu, mais elle apportait un choix quant au scénario et permettait de faire un peu d’exploration. Le jeu est donc terriblement linéaire. De plus, la majorité des endroits que vous visiterez sont des villes et donjons du premier jeu. Légèrement modifiés. Quelques nouveaux endroits sont disponibles, mais ce n’est juste pas suffisant pour ranimer la flamme. Comme vous vous en doutez, la durée de vie de ce jeu est beaucoup plus faible. Pour compenser, nous avons maintenant à disposition des quêtes, payées, mises à disposition par les Minouz. Ces quêtes vous permettront de récupérer des objets, des ressources (parfois rares), des livres de sorts et de capacités pour vos monstres, et peut-être même un donjon bonus si vous êtes attentifs. Ces quêtes vous envoient dans des endroits connus, mais également dans de nouveaux lieux : grotte volcanique, crevasse gelée, mines peuplées de monstres... ils sont très appréciables, puisque nouveaux, mais l’enthousiasme s’arrête très vite : ces quêtes sont excessivement répétitives. Les monstres changent en fonction de la difficulté, mais leur emplacement est identique, et entre apporter de la soupe à un homme affamé, sauver un monstre et des aventuriers trop téméraires, on se lasse très vite. Ces quêtes soulèvent donc un gros problème du jeu : la fausse difficulté. Plutôt que d’avoir un jeu long, plein d’énigmes, de combats épiques, le scénario est très court et la durée de vie est basée sur les bonus. Quêtes des minouz, donjons bonus qui requièrent pour l’un la quasi totalité des dites quêtes, pour l’autre des heures et des heures d’exploration dans un labyrinthe aléatoire, sans aucun design, avec une musique qui vous donnera envie de casser le CD en deux en quelques minutes... ce n’est tout bonnement pas ce que j’appelle « s’amuser ». C’est frustrant, et on sent le manque de motivation de l’équipe de développeurs.

Concrètement, Tales of Symphonia : Dawn of the New World n’est pas le jeu auquel je m’attendais, et probablement pas une suite adéquate. Les ajouts sont intéressants, mais pas satisfaisants : on s’attendait aux personnages qu’on a appris à aimer, on a obtenu deux personnages remarquablement antipathiques, Emil s’excusant inlassablement et Marta, sa partenaire, lui faisant des avances aussi souvent que possible. Les monstres, bien que sympathiques, ne sont pas Zélos, Préséa et compagnie. Leur IA est, de plus, assez mauvaise. La durée de vie, l’absence de compendium, de besoin de complétion du jeu sont vraiment des points négatifs. On a tout bonnement pas l’envie de recommencer partie sur partie pour le finir à 100%, en particulier parce qu’obtenir la meilleure fin n’empêche pas d’obtenir les autres fins dans la même partie. De plus, les bonus de fin de partie sont disproportionnés : si vous avez l’intention de conserver vos monstres et d’utiliser l’xp x10, vous atteindrez le niveau ultime trop facilement, contre une xp massive mais équilibrée dans le premier opus.

Bref, ce jeu n’apporte ni nouveauté, ni satisfaction similaire au premier Tales of Symphonia. Il n’est pas mauvais. Il est bon. J’ai personnellement passé de très bons moments dessus. Mais il n’est tout bonnement pas fidèle à son prédécesseur, il est une pâle copie et déçoit sur de nombreux points. On notera également la longue attente pour sa sortie européenne, accompagnée de très peu de bonus, dont aucun véritable costume, qui motivaient pas mal de nouvelles parties dans le temps...

Cependant, comme je le disais, il n’est pas mauvais. Si vous n’êtes pas déçu par son manque de ressemblance avec le premier, je recommande de l’acheter. Le système de combat est satisfaisant, et l’addition d’un nouveau mode de difficulté apporte un challenge appréciable, soutenu par le fait que seuls vos personnages humains vous sauvent du game over. Le scénario, s’il est court, suit correctement l’histoire du premier jeu et la finalise bien. En résumé, Tales of Symphonia : Dawn of the New World est un jeu qui plaira peu aux fans inconditionnels, mais devrait satisfaire ceux qui aiment un peu de changement.


Posté par VladDeGoldenSun à 01:26 - 07- Le Test de Bu - Commentaires [4] - Permalien [#]